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Impressionnistes paparazzis
05 déc. 2012

Impressionnistes paparazzis

Les peintres impressionnistes étaient les photographes de leur temps. Intéressés bien sûr par les paysages, mais aussi par les femmes, les intérieurs intimes et les loisirs alors en vogue. Les cocottes parisiennes, vivant à Montmartre ou Montparnasse ne sont rien de moins que les Paris Hilton et Kim Kardashian du xixe siècle. Elles dictaient la mode qui était copiée par toutes les femmes quelle que soient leurs classes sociales.

Claude Monet, Madame Louis Joachim Gaudibert (détail), 1868. Huile sur toile, 216,5 x 138,5 cm. Musée d’Orsay, Paris.

Les peintres voulaient capter l’air du temps et rendre compte du goût par la même occasion. Renoir ou Monet  pénètrent dans la vie intime, accordent beaucoup d’attention au corps féminin qu’ils tracent précisément sous des tissus délicats ou qu’ils montrent nus. Les accessoires de mode et les dessous féminins ne sont plus choquants mais deviennent des outils de séduction. Certaines toiles impressionnistes sont de réelles illustrations des mœurs du moment et s’approprient la vie privée des femmes, comme le sont les magazines people aujourd’hui. Jupons, corsets, bas et nudité ne sont plus cantonnés au privé et au scandale.

Compiler les toiles impressionnistes sur deux à trois décennies revient presque à regrouper des images de mode qui pourraient tout à fait fournir le matériel suffisant à la création d’un blog par une fashionista en herbe. Les impressionnistes, blogueurs du xixe ?

Édouard Manet, Nana, 1877. Huile sur toile, 264 x 115 cm. Kunsthalle Hamburg, Hambourg.

Pour découvrir tous les dessous de cette thématique, vous pouvez admirer l’exposition très complète sur la mode et les impressionnistes du musée d’Orsay jusqu’à la fin du mois de janvier 2013 ou parcourir les pages de L’Impressionnisme.

Warhol, peintre démocrate ?
16 nov. 2012

Warhol, peintre démocrate ?

Andy Warhol est sans doute le peintre qui symbolise le plus l’art américain aux yeux des Européens. Aujourd’hui Barack Obama est devenu le symbole de l’Amérique contemporaine. Comment s’empêcher de leur trouver des points communs ?

Obama, président démocrate tout juste réélu, proche du peuple et issu des minorités sociales. Warhol, fils d’émigrés d’Europe de l’est, maladif et isolé par la société étant enfant. Leurs origines sociales ne leur promettaient pas forcément un bel avenir, mais tous deux sont parvenus à incarner le rêve américain.

Warhol possède deux facettes qui auraient sans doute fait de lui le « peintre officiel » de la victoire d’Obama. Avec ses boîtes de soupe pas chère, ses bouteilles de Coca-cola et ses reproductions de caddys remplis d’aliments typiquement américains, il s’est indéniablement intéressé aux classes populaires et à leurs conditions de vie, à la représentation de l’American Way of Life. À l’opposé une grande partie de son œuvre représente les stars, hommes et femmes de pouvoir dans le cinéma ou la politique des années 60 et 70. Pour commémorer la victoire d’Obama cette semaine, nous aurions certainement dans quelques semaines un de ses fameux portraits Pop en couleurs !

 

Andy Warhol, Campbell’s Soup Can (Turkey Noodle), 1962. Sérigraphie sur toile, 51 x 40,6 cm. Collection Sonnabend.

 

Andy Warhol, Bouteilles de Coca-Cola vertes, 1962. Polymère synthétique, sérigraphie et crayon sur toile, 209,2 × 144,8 cm. Whitney Museum of American Art, New York.

 

Si vous voulez vous rapprocher du rêve américain, allez au Metropolitan Museum of Art de New York qui présente une exposition sur Warhol et des artistes contemporains, Sixty Artists, Fifty Years. Vous pouvez aussi simplement parcourir les livres sur Warhol par Éric Shanes et Gerry Souter.

Vers une représentation parfaite de la femme.
16 nov. 2012

Vers une représentation parfaite de la femme.

« Ramener l’esprit des gens à une bonne réflexion »  c’est ce que souhaitaient William Holman Hunt John Everett Millais  et Dante Gabriel Rossetti, les créateurs du Préraphaélisme qui apparut à Londres à la fin des années 1840. Les trois artistes, alors étudiants, souhaitaient revenir à une forme d’art conforme à celle qui existait avant Raphaël, c’est-à-dire à l’art médiéval et en particulier celui des primitifs italiens, qu’ils désignaient comme modèle de pureté et de liberté.

Que représenter de plus pur, de plus poétique, de plus esthétique qu’une jeune fille virginale aux cheveux longs, d’une grâce infinie, dans une scène quotidienne ?

De leur visage de porcelaine, de leurs cheveux, de leur robe décolletée en ressortent une douceur, une sensualité palpable et une grâce envoutante. Ces jeunes femmes aux airs mélancoliques, tourmentées par un amour impossible ou pour on ne sait quelle raison, d’un réalisme, d’une dignité insensée et d’une inaccessibilité certaine sont un modèle de perfection incroyable.

Messieurs, comment rester insensible devant tant une telle beauté ? Oui, parce que je pense que nous pouvons ici parler de  beauté. Comment ne pas admirer et ressentir l’émotion qui émane de chacune de ses représentations, toutes complétées par un décor plus vrai que nature et tout aussi idyllique et inaccessible que leur personnage central ?

L’esthétisme de ces tableaux est remarquable tout autant que l’expression des personnages est saisissante. Il va sans dire qu’Elizabeth Siddal, qui a inspiré tous ces modèles : la muse, l’égérie des Préraphaélites  devait être une beauté inégalée.

 

Dante Gabriel Rossetti Lady Lilith, 1866-1868 Huile sur panneau Delaware Art Museum, Samuel and Mary R. Bancroft Memorial.

 

John Everett Millais, Ophélie (1851-52), Tate Britain, London

 

Je ne sais pas si aujourd’hui « l’esprit des gens est ramené à une bonne réflexion » mais il semblerait, que plus d’un siècle plus tard, le pouvoir hypnotique de ces jeunes filles  soit plus efficace que jamais.

… Il semblerait, du moins, à en voir l’affiche de l’un de ses derniers films, Melancholia, que Lars Von Trier, se soit laissé envouter…

 

Lars von Trier, Melancholia, 2011 (affiche inspirée de l’Ophélie de Millais)

 

Je vous conseille donc Messieurs…  mais aussi Mesdames, de vous rendre  au Tate Britain  de Londres 12 Sept 2012 au 13 Janvier 2013 pour admirer l’exposition des Préraphaélites.

Gustave Caillebotte, mécène bourgeois impressionniste
14 nov. 2012

Gustave Caillebotte, mécène bourgeois impressionniste

Caillebotte est mort jeune, à 46 ans, et n’est pas particulièrement connu du grand public bien qu’il ait fait partie des impressionnistes. Issu d’une famille bourgeoise parisienne, il n’a jamais eu à se soucier des lendemains, se tenait loin de Montmartre et des cocottes parisiennes et ne peignait pas pour vivre mais pour son plaisir personnel. Fasciné par la vie citadine, par la modernité qui envahit Paris, ses toiles sont simples, sans artifices et sans cette sensation d’esprit tourmenté qu’on rencontre chez Van Gogh par exemple.

Peut-être sont-elles trop simples. Qui serait réellement intéressé aujourd’hui par des vues de maisons campagnardes bourgeoises entourées de fleurs ou de couples se promenant dans un Paris au ciel gris ? Caillebotte a essayée de contrebalancer l’influence de ses origines sociales en représentant ponctuellement des ouvriers au travail, des raboteurs de parquet en plein effort, dont les muscles tendus prouvent l’effort accompli.

 

Gustave Caillebotte, Raboteurs de parquet, 1875. Huile sur toile, 102 x 147 cm. Musée d’Orsay, Paris.

 

Gustave Caillebotte, Rue de Paris. Jour de pluie, 1877. Huile sur toile, 212 x 276 cm. Art Institute of Chicago, Chicago.

 

Caillebotte pourtant est à redécouvrir pour deux raisons. D’abord, ses tableaux sont si précis et leur angle si inhabituels, que l’on ne peut s’empêcher de faire le rapprochement avec la photographie ou des plans cinématographiques. Le peintre avait un regard sur la perspective qui est digne du cinéma actuel. La deuxième raison est le scandale provoqué par le legs de sa collection impressionniste à l’État français, qui n’a pu qu’accepter ses œuvres choquantes tout en les maintenant à l’abri des regards pendant plusieurs années. La richesse du peintre a finalement profité à ses compagnons peintres. Sans lui qui sait si les plus grands tableaux impressionnistes n’auraient pas fini chez des collectionneurs américains friands d’art français à l’époque ?

Pour redécouvrir le travail de ce peintre, vous pouvez vous rendre à l’exposition Caillebotte de la Schirn Kunsthalle de Francfort jusqu’au 20 janvier 2013, ou consulter les livres L’Impressionnisme et Caillebotte (en allemand seulement).

Avec ou sans Formes ?
14 nov. 2012

Avec ou sans Formes ?

Un corps parfait. C’est ce que prône la mode du XXIᵉ siècle. À l’époque où la maigreur est de mise, où le naturel tend à disparaître au profit du superficiel, où, à en observer les magazines et les mentalités, seules les femmes très minces sont considérées comme « belles », que penser des célèbres nus de Rubens ? Ces nus bien en chair, voluptueux, aux formes généreuses, ces corps d’une blancheur extrême mais surtout d’une sensualité sans précédent que le maître du Baroque prenait plaisir à réaliser ?

Une adolescente penserait probablement  des Trois Grâces qu’elles sont : «  grasses ». Personnellement,  je pense que Rubens, par son talent et sa façon de peindre, a le don de nous réconcilier avec les formes, tant ses nus sont sensuels voire érotiques.

Le cadre idyllique, la lumière, les couleurs et le voile transparent ne font qu’accentuer cette sensualité hors du commun. Ces trois divinités ne sont que poésie et séduction.

Il est évident que ces nus choquèrent à l’époque, mais Rubens s’en souciait peu et considérait la représentation du corps humain comme naturelle.

Pierre Paul Rubens, Les Trois Grâces, 1639, 181 x 221 cm, Huile sur bois, Museo del Prado, Madrid

Pierre Paul Rubens, Vénus au miroir, 1616.

Les choses en sont autrement aujourd’hui, et justement, si Rubens vivait à notre époque,  réaliserait-il toujours des nus aussi voluptueux ? Ou bien se plierait-il aux canons de beauté actuels en représentant trois « Grâces » nues et très minces ?  Le résultat semble aussi ironique que difficile à imaginer, même si, à l’époque de Photoshop tout reste envisageable. C’est exactement ce qu’a fait l’artiste italienne Anna Utopia Giordano, qui a choisi de détourner avec ce même logiciel les Vénus les plus connues, selon les canons actuels. Le résultat en est surprenant.

Botticelli, La Naissance de Vénus, 1484. Anna Utopia Giordano, La Naissance de Vénus

Il n’appartient maintenant qu’à vous d’imaginer à quoi pourraient ressembler les œuvres de Rubens retouchées de cette manière et d’en  juger quel serait le corps parfait : avec ou sans formes ?

Pour  admirer les œuvres de Rubens vous pouvez vous rendre au Von der Heydt-Museum de Wupperta en Allemagne du 16 octobre 2012 au 28 février 2013 ou bien consulter le livre intitulé Peter Paul Rubens écrit par Victoria Charles et édité par Parkstone.

(English) Dürer: the Mathematical Artist
01 nov. 2012

(English) Dürer: the Mathematical Artist

Modernisme européen versus modernisme mondial
01 nov. 2012

Modernisme européen versus modernisme mondial

La collection Sonderbund, créée par plusieurs galeries allemandes, rassemblait au début du xxe siècle 577 peintures des artistes de la scène moderne. Elle a exposé les artistes les plus novateurs, ce qui était inédit et osé en 1912. Le Wallraf-Richartz Museum a décidé de rassembler cette collection pour raviver l’esprit moderne du monde artistique de l’époque. Seule une centaine d’œuvres a pu être regroupée car certaines d’entre elles sont devenues inestimables et il est difficile de les déloger de leur lieu de conservation. Van Gogh côtoyait Munch, Cézanne et les membres expressionnistes allemands du Blaue Reiter.

Vincent van Gogh, L

Pourrait-on aujourd’hui réaliser une exposition regroupant tous les artistes les plus avant-gardistes ? Certainement pas en Europe où la lourdeur des institutions culturelles et du marché de l’art freinerait toute tentative. Je dirai plutôt en Asie, où la sphère artistique est encore jeune et en pleine expansion. Les artistes chinois voient leur cote s’envoler et la Chine est devenue en quelques années à peine le premier marché mondial de l’art.

L’idée serait peut-être de rapprocher les créations asiatiques de celles des autres continents, créant une exposition à échelle mondiale et non plus européenne. Les frontières artistiques se sont définitivement déplacées. Le visiteur pourrait admirer Philippe Starck, Jeff Koons, Damien Hirst, Takashi Murakami et Yan Pei-Ming.

Les 108 Brigands, 1994-1995. Ensemble de 120 peintures, huile sur toile, 130 x 97 cm (chacune). Collection FNAC, Paris.

Pour vous replonger dans le modernisme et la provocation du siècle dernier, vous pouvez visiter la reconstitution de la première exposition à Cologne, ou consulter des titres comme Cézanne, Gauguin, Kirchner, Munch, Picasso, Schiele et Van Gogh.

Le XIXe siècle, éternelle chronique de l’art français
01 nov. 2012

Le XIXe siècle, éternelle chronique de l’art français

Le xixe siècle français : siècle de l’art de vivre à la française. Qui ne pense pas tout de suite à Toulouse-Lautrec et au monde des bordels de Montmartre, à la forte consommation d’absinthe qui, en un sens, développait l’esprit créatif, à la grande époque du Moulin Rouge, aux cafés-concerts et à Pigalle.

Révolution, industrialisation, bourgeoisie, tels sont les mots qui nous viennent à l’esprit. Mais il faut surtout penser à la Modernité, aux changements des mœurs. Comme le prouve le tableau d’Édouard Manet ci-dessous, ce siècle a été avant tout celui du renouveau et des chocs visuels pour le grand public : une femme nue au milieu d’hommes habillés, pure provocation pour l’époque.

Édouard Manet, Le Déjeuner sur l’herbe, 1863. Huile sur toile, 208 x 264,5 cm. Musée d’Orsay, Paris.

Son impact a dû être à peu près le même que si aujourd’hui un artiste représentait la scène avec des personnages défigurés et monstrueux, anorexiques ou obèses. Les représentations de ce type et la vision de corps humains hors-normes sont encore difficiles à regarder de nos jours. Je suis même certaine que si la scène était simplement reproduite à l’identique avec des personnages vivants, en pleine rue, de nombreux passants seraient choqués. Qui ne seraient pas dérangé de voir Sophie Marceau nue dans l’espace public ? Les féministes ne manqueraient pas de crier au scandale. L’esprit du xixe siècle était-il plus aventureux ? Face à cette peinture, nous pouvons le supposer.

L’exposition La Bohème qui a ouvert ses portes au Grand Palais à Paris est bien la confirmation que l’esthétique de ce siècle demeure une image prégnante dans notre société, qui nous intrigue toujours.

Pour dépasser les idées reçues à propos de l’art du xixe siècle, vous pouvez vous rendre à l’exposition « Modern Life – France in the 19th century » à Stockholm, où toutes les expressions artistiques sont présentées : peinture, sculpture, arts décoratifs, dessins, photographie. L’exposition suédoise couvre un large xixe siècle, de la Révolution à la première guerre mondiale. Vous pouvez aussi consulter ce livre sur l’Impressionnisme.

Au nom de la dévotion
01 nov. 2012

Au nom de la dévotion

Jean-Jacques Annaud, dans son adaptation du roman d’Umberto Eco, Le Nom de la rose, nous dépeint un Moyen Age sombre, glauque, à l’atmosphère pesante, pendant lequel les conflits d’ordre religieux font rage et les cathédrales brûlent sous les croassements des corbeaux.

Le terme de dévotion prend tout son sens dans cette intrigue qui se déroule au sein d’une abbaye bénédictine italienne, perdue au milieu de nulle part, siège infernal de toute une série de meurtres, de mystères, de prières, d’injustice et d’amour.

La dévotion, puissante, éloigne l’être de toute conscience. Seules la foi et la personne vénérée comptent. Le reste n’est qu’abstraction. Jusqu’où peut mener la dévotion ? Jusqu’au pire. Les limites n’existent plus, la pensée devient incontrôlée et seul l’acte compte. N’allons pas croire que la dévotion n’est que religieuse et qu’elle n’engendre que du positif car elle peut être aussi tout ce qu’il y a de plus négatif.

Noli me tangere, Maître de la chronique scandaleuse vers 1500.

Quel meilleur exemple de dévotion que celui de la femme, considérée dans le film comme un être maléfique provenant de l’Enfer. Cette scène de sexe entre la paysanne et Adso le jeune Bénédictin,  dans une des cuisines malodorantes de l’abbaye en donne la preuve.  La femme, être vénéré, tant désiré  poussera le jeune homme au pêché et l’éloignera de toutes ses lois morales. Ou quand le désir devient plus fort que la raison.

Une autre forme de dévotion évoquée dans le film est la quête du  savoir, de la connaissance. Avec cette impressionnante bibliothèque, construite comme un lieu protégé qui contient le livre du philosophe vénéré dans le film par Sean Connery dans son rôle de moine : Le Livre II de la Poétique,  d’Aristote, qui sera en réalité la cause des différents meurtres.

Enfin, la dévotion religieuse, notamment très présente dans le film, encourageant le croyant à prier le plus possible. D’où la réalisation de manuscrits enluminés représentant des prières illustrées,  écrits à la main et richement décorés.

La dévotion, sous ses différentes formes, si elle était une des caractéristiques du Moyen Age, est encore présente de nos jours mais probablement à un degré moindre. Encore faut-il savoir que cela est de la dévotion.

Couronnement de la Vierge (détail), Livres des Heures Vers 1420-30. Paris

Pour pouvoir apprécier et découvrir ces œuvres de dévotion publique, communautaire et littéraire, le Getty Center de Los Angeles vous ouvre les portes de son exposition The Art of devotion in the Middle Ages du 28 Août au 11 Novembre 2012 ainsi que du 13 Novembre au 3 Février 2013.

Ecce Homo
31 oct. 2012

Ecce Homo

Lorsque je lis ce titre, la première chose qui me vient à l’esprit est d’imaginer cet homme.

« Voici l’Homme » signifie pour moi la venue, la présentation d’une personne monumentale, forte, venant s’imposer en conquérant devant une foule de fanatiques qui l’ovationnerait, l’idolâtrerait, tel un Mick Jagger ou un Iggy Pop pendant un concert.

En histoire de l’art, cette expression, aussi connue sous le terme « Ecce homo », est bien différente de ce que nous pouvons nous imaginer.

Cet Ecce Homo, est en réalité le Christ, flagellé, couronné d’épines et présenté à la foule par Ponce Pilate avant sa crucifixion. Très loin de l’assurance dont je parlais au début de cet écrit, le Christ de Heemskerck est représenté comme abattu, soumis, découragé et acceptant sa sentence.

Heemskerck s’inscrit dans la tendance de l’époque innovant toutefois par son style bien personnel, s’inspirant de l’art italien et de Michel-Ange par l’utilisation d’une couleur brillante et de l’art flamand par l’expressivité des personnages. Une autre particularité des œuvres de Heemskerck résulte dans l’importance des détails, notamment au niveau des drapés des personnages, ainsi que la musculature du Christ qui, accentuée par les jeux de lumière m’a interpellée dès le premier coup d’œil. Se pourrait-il donc au final que je retrouve une esquisse de la personne que je m’étais imaginée ? Peut-être.

Comme l’écrit, Ernest Renan dans Le Christ dans l’art: « les représentations nombreuses du Christ illustrent la fascination que ce dernier exerce sur les artistes ». Bien qu’il soit représenté parfois sous des aspects différents,  il est vrai que nous retrouvons généralement toujours les mêmes scènes de la vie du Christ ; la crucifixion, la flagellation, la résurrection. Quelques questions me viennent alors en tête : ces trois épisodes résument-ils toute sa vie ? Au final, que connaît-on du Christ ? Pourquoi suscite-t-il tant de débats et pourquoi se pose-t-on autant de questions sur sa vie et sur une éventuelle relation avec Marie-Madeleine ?

Probablement, comme le dit Ernest Renan, parce que le Christ fascine.

Maerten van Heemskerck, Ecce Homo, 1544, Huile sur toile, 74 1/4 x 102 3/8 x 5 3/16 cm. Muzeum Narodowe w Warszawie

Ce retable de Heemskerck est exposé pour la première fois en dehors de l’Europe au Getty Museum de Los Angeles du 5 juin 2012 au 13 janvier 2013 grâce au prêt du Musée National de Varsovie et s’inscrit dans le cadre des recherches sur les techniques de peinture de la Renaissance.

http://www.amazon.fr/Le-Christ-dans-lart-ebook/dp/B0084FADJ6

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