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Sans avoir jamais posé la question à qui que ce soit, je suis convaincue qu’un certain nombre de personnes vous diront que lorsqu’ils pensent guerre, ils ne pensent pas du tout art, n’en déplaise à la formule de Sun Tzu. Moi je vous dirais qu’au contraire, c’est peut-être un des premiers liens que ferait mon cerveau un chouïa conditionné par l’histoire de l’art – qui nous raconte indéfiniment comment l’histoire, donc, est liée à la pratique artistique, et comment de tous temps les guerres ont eu un impact parfois dramatique et souvent fabuleux, sur les coups de crayon, de pinceau et de burin.
Il n’y a pas si longtemps, la photo a révolutionné notre rapport à l’image. → En savoir plus
J’ai toujours préféré regarder le dessin à la peinture – pour la spontanéité de la ligne, l’authenticité du trait, et l’essence du talent mis a nu de l’artiste. Le dessin, c’est l’intimité, le creux de la main noirci de pierre noire, les taches et les reprises, le dessin c’est le bazar de la pensée en construction, c’est l’imperfection magnifique. Tous les ans en mars, je me régale des deux salons parisiens qui lui sont consacrés – le Drawing Now contemporain au Carrousel du Louvre, et le Salon du Dessin Ancien au Palais de la Bourse – on passe des heures dans les allées, à se demander comment tant d’expressivité peuvent être rendus avec des instruments qui, contrairement à ceux du peintre, sont à priori beaucoup plus accessibles à n’importe quel quidam qui voudrait s’essayer au gribouillis.

Raffaello Sanzio dit Raphaël, Sainte Famille.
Plume et encre brune, traces de pierre noire, mise au carreau à la sanguine, 35,7 x 23,8 cm.
Palais des Beaux-arts, Lille.
À l’origine d’un tableau de maître, donc, il y a un dessin, qui a commencé parfois en quelques traits sur une feuille qui ne paye pas de mine. → En savoir plus
Sans avoir jamais mis les pieds à Amsterdam, l’idée d’aller visiter une antenne de musée placée installée la douane d’un aéroport constitue un argument suffisant a un week-end néerlandais – plus que les canaux, les coffee shops et le quartier rouge – et tout de même pas plus que les chefs d’œuvre du bâtiment principal du Rijksmuseum et le musée Van Gogh.

Johan Barthold Jongkind,
Moulins à Rotterdam, 1857.
Huile sur toile, 42,5 × 55 cm.
Rijksmuseum, Amsterdam.
Typically Dutch : c’est sous cette simplissime accroche que l’aéroport double du musée invite à venir tacher d’appréhender un peu mieux a travers les yeux de ses peintres ce qui a fait les Pays-Bas, en passant par les Provinces-Unies et la République Batave. «Typique», le mot me semble trop global, et a la limite du cliché – mais après tout, les biens connues scènes de genre, les portraits audacieux de Frans Hals, les ports et la campagne de Jongkind, puis le symbolisme inquiétant de Jan Toorop sont peut-être exactement ce que nous voulons voir en descendant d’un avion. Du Moyen Âge a nos jours, il y a des chances pour que l’exposition ne soit pas si typique, et en tous les cas parfaitement dans le ton teinté de fierté du dixième anniversaire de la création de l’antenne du Schiphol ainsi que de la grande réouverture du Rijskmuseum le 13 avril dernier.
Rendez-vous a l’exposition Typically Dutch au Rijksmuseum Schiphol jusqu’au 1er juillet 2013. Pour plus de « typiquement hollandais », consultez l’ouvrage La Peinture hollandaise édité par Parkstone international.
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