Caillebotte est mort jeune, à 46 ans, et n’est pas particulièrement connu du grand public bien qu’il ait fait partie des impressionnistes. Issu d’une famille bourgeoise parisienne, il n’a jamais eu à se soucier des lendemains, se tenait loin de Montmartre et des cocottes parisiennes et ne peignait pas pour vivre mais pour son plaisir personnel. Fasciné par la vie citadine, par la modernité qui envahit Paris, ses toiles sont simples, sans artifices et sans cette sensation d’esprit tourmenté qu’on rencontre chez Van Gogh par exemple.
Peut-être sont-elles trop simples. Qui serait réellement intéressé aujourd’hui par des vues de maisons campagnardes bourgeoises entourées de fleurs ou de couples se promenant dans un Paris au ciel gris ? Caillebotte a essayée de contrebalancer l’influence de ses origines sociales en représentant ponctuellement des ouvriers au travail, des raboteurs de parquet en plein effort, dont les muscles tendus prouvent l’effort accompli.

Gustave Caillebotte, Raboteurs de parquet, 1875. Huile sur toile, 102 x 147 cm. Musée d’Orsay, Paris.

Gustave Caillebotte, Rue de Paris. Jour de pluie, 1877. Huile sur toile, 212 x 276 cm. Art Institute of Chicago, Chicago.
Caillebotte pourtant est à redécouvrir pour deux raisons. D’abord, ses tableaux sont si précis et leur angle si inhabituels, que l’on ne peut s’empêcher de faire le rapprochement avec la photographie ou des plans cinématographiques. Le peintre avait un regard sur la perspective qui est digne du cinéma actuel. La deuxième raison est le scandale provoqué par le legs de sa collection impressionniste à l’État français, qui n’a pu qu’accepter ses œuvres choquantes tout en les maintenant à l’abri des regards pendant plusieurs années. La richesse du peintre a finalement profité à ses compagnons peintres. Sans lui qui sait si les plus grands tableaux impressionnistes n’auraient pas fini chez des collectionneurs américains friands d’art français à l’époque ?
Pour redécouvrir le travail de ce peintre, vous pouvez vous rendre à l’exposition Caillebotte de la Schirn Kunsthalle de Francfort jusqu’au 20 janvier 2013, ou consulter les livres L’Impressionnisme et Caillebotte (en allemand seulement).
Un corps parfait. C’est ce que prône la mode du XXIᵉ siècle. À l’époque où la maigreur est de mise, où le naturel tend à disparaître au profit du superficiel, où, à en observer les magazines et les mentalités, seules les femmes très minces sont considérées comme « belles », que penser des célèbres nus de Rubens ? Ces nus bien en chair, voluptueux, aux formes généreuses, ces corps d’une blancheur extrême mais surtout d’une sensualité sans précédent que le maître du Baroque prenait plaisir à réaliser ?
Une adolescente penserait probablement des Trois Grâces qu’elles sont : « grasses ». Personnellement, je pense que Rubens, par son talent et sa façon de peindre, a le don de nous réconcilier avec les formes, tant ses nus sont sensuels voire érotiques.
Le cadre idyllique, la lumière, les couleurs et le voile transparent ne font qu’accentuer cette sensualité hors du commun. Ces trois divinités ne sont que poésie et séduction.
Il est évident que ces nus choquèrent à l’époque, mais Rubens s’en souciait peu et considérait la représentation du corps humain comme naturelle.
Les choses en sont autrement aujourd’hui, et justement, si Rubens vivait à notre époque, réaliserait-il toujours des nus aussi voluptueux ? Ou bien se plierait-il aux canons de beauté actuels en représentant trois « Grâces » nues et très minces ? Le résultat semble aussi ironique que difficile à imaginer, même si, à l’époque de Photoshop tout reste envisageable. C’est exactement ce qu’a fait l’artiste italienne Anna Utopia Giordano, qui a choisi de détourner avec ce même logiciel les Vénus les plus connues, selon les canons actuels. Le résultat en est surprenant.
Il n’appartient maintenant qu’à vous d’imaginer à quoi pourraient ressembler les œuvres de Rubens retouchées de cette manière et d’en juger quel serait le corps parfait : avec ou sans formes ?
Pour admirer les œuvres de Rubens vous pouvez vous rendre au Von der Heydt-Museum de Wupperta en Allemagne du 16 octobre 2012 au 28 février 2013 ou bien consulter le livre intitulé Peter Paul Rubens écrit par Victoria Charles et édité par Parkstone.
La collection Sonderbund, créée par plusieurs galeries allemandes, rassemblait au début du xxe siècle 577 peintures des artistes de la scène moderne. Elle a exposé les artistes les plus novateurs, ce qui était inédit et osé en 1912. Le Wallraf-Richartz Museum a décidé de rassembler cette collection pour raviver l’esprit moderne du monde artistique de l’époque. Seule une centaine d’œuvres a pu être regroupée car certaines d’entre elles sont devenues inestimables et il est difficile de les déloger de leur lieu de conservation. Van Gogh côtoyait Munch, Cézanne et les membres expressionnistes allemands du Blaue Reiter.
Pourrait-on aujourd’hui réaliser une exposition regroupant tous les artistes les plus avant-gardistes ? Certainement pas en Europe où la lourdeur des institutions culturelles et du marché de l’art freinerait toute tentative. Je dirai plutôt en Asie, où la sphère artistique est encore jeune et en pleine expansion. Les artistes chinois voient leur cote s’envoler et la Chine est devenue en quelques années à peine le premier marché mondial de l’art.
L’idée serait peut-être de rapprocher les créations asiatiques de celles des autres continents, créant une exposition à échelle mondiale et non plus européenne. Les frontières artistiques se sont définitivement déplacées. Le visiteur pourrait admirer Philippe Starck, Jeff Koons, Damien Hirst, Takashi Murakami et Yan Pei-Ming.

Les 108 Brigands, 1994-1995. Ensemble de 120 peintures, huile sur toile, 130 x 97 cm (chacune). Collection FNAC, Paris.
Pour vous replonger dans le modernisme et la provocation du siècle dernier, vous pouvez visiter la reconstitution de la première exposition à Cologne, ou consulter des titres comme Cézanne, Gauguin, Kirchner, Munch, Picasso, Schiele et Van Gogh.
Le xixe siècle français : siècle de l’art de vivre à la française. Qui ne pense pas tout de suite à Toulouse-Lautrec et au monde des bordels de Montmartre, à la forte consommation d’absinthe qui, en un sens, développait l’esprit créatif, à la grande époque du Moulin Rouge, aux cafés-concerts et à Pigalle.
Révolution, industrialisation, bourgeoisie, tels sont les mots qui nous viennent à l’esprit. Mais il faut surtout penser à la Modernité, aux changements des mœurs. Comme le prouve le tableau d’Édouard Manet ci-dessous, ce siècle a été avant tout celui du renouveau et des chocs visuels pour le grand public : une femme nue au milieu d’hommes habillés, pure provocation pour l’époque.

Édouard Manet, Le Déjeuner sur l’herbe, 1863. Huile sur toile, 208 x 264,5 cm. Musée d’Orsay, Paris.
Son impact a dû être à peu près le même que si aujourd’hui un artiste représentait la scène avec des personnages défigurés et monstrueux, anorexiques ou obèses. Les représentations de ce type et la vision de corps humains hors-normes sont encore difficiles à regarder de nos jours. Je suis même certaine que si la scène était simplement reproduite à l’identique avec des personnages vivants, en pleine rue, de nombreux passants seraient choqués. Qui ne seraient pas dérangé de voir Sophie Marceau nue dans l’espace public ? Les féministes ne manqueraient pas de crier au scandale. L’esprit du xixe siècle était-il plus aventureux ? Face à cette peinture, nous pouvons le supposer.
L’exposition La Bohème qui a ouvert ses portes au Grand Palais à Paris est bien la confirmation que l’esthétique de ce siècle demeure une image prégnante dans notre société, qui nous intrigue toujours.
Pour dépasser les idées reçues à propos de l’art du xixe siècle, vous pouvez vous rendre à l’exposition « Modern Life – France in the 19th century » à Stockholm, où toutes les expressions artistiques sont présentées : peinture, sculpture, arts décoratifs, dessins, photographie. L’exposition suédoise couvre un large xixe siècle, de la Révolution à la première guerre mondiale. Vous pouvez aussi consulter ce livre sur l’Impressionnisme.
Jean-Jacques Annaud, dans son adaptation du roman d’Umberto Eco, Le Nom de la rose, nous dépeint un Moyen Age sombre, glauque, à l’atmosphère pesante, pendant lequel les conflits d’ordre religieux font rage et les cathédrales brûlent sous les croassements des corbeaux.
Le terme de dévotion prend tout son sens dans cette intrigue qui se déroule au sein d’une abbaye bénédictine italienne, perdue au milieu de nulle part, siège infernal de toute une série de meurtres, de mystères, de prières, d’injustice et d’amour.
La dévotion, puissante, éloigne l’être de toute conscience. Seules la foi et la personne vénérée comptent. Le reste n’est qu’abstraction. Jusqu’où peut mener la dévotion ? Jusqu’au pire. Les limites n’existent plus, la pensée devient incontrôlée et seul l’acte compte. N’allons pas croire que la dévotion n’est que religieuse et qu’elle n’engendre que du positif car elle peut être aussi tout ce qu’il y a de plus négatif.
Quel meilleur exemple de dévotion que celui de la femme, considérée dans le film comme un être maléfique provenant de l’Enfer. Cette scène de sexe entre la paysanne et Adso le jeune Bénédictin, dans une des cuisines malodorantes de l’abbaye en donne la preuve. La femme, être vénéré, tant désiré poussera le jeune homme au pêché et l’éloignera de toutes ses lois morales. Ou quand le désir devient plus fort que la raison.
Une autre forme de dévotion évoquée dans le film est la quête du savoir, de la connaissance. Avec cette impressionnante bibliothèque, construite comme un lieu protégé qui contient le livre du philosophe vénéré dans le film par Sean Connery dans son rôle de moine : Le Livre II de la Poétique, d’Aristote, qui sera en réalité la cause des différents meurtres.
Enfin, la dévotion religieuse, notamment très présente dans le film, encourageant le croyant à prier le plus possible. D’où la réalisation de manuscrits enluminés représentant des prières illustrées, écrits à la main et richement décorés.
La dévotion, sous ses différentes formes, si elle était une des caractéristiques du Moyen Age, est encore présente de nos jours mais probablement à un degré moindre. Encore faut-il savoir que cela est de la dévotion.
Pour pouvoir apprécier et découvrir ces œuvres de dévotion publique, communautaire et littéraire, le Getty Center de Los Angeles vous ouvre les portes de son exposition The Art of devotion in the Middle Ages du 28 Août au 11 Novembre 2012 ainsi que du 13 Novembre au 3 Février 2013.
Lorsque je lis ce titre, la première chose qui me vient à l’esprit est d’imaginer cet homme.
« Voici l’Homme » signifie pour moi la venue, la présentation d’une personne monumentale, forte, venant s’imposer en conquérant devant une foule de fanatiques qui l’ovationnerait, l’idolâtrerait, tel un Mick Jagger ou un Iggy Pop pendant un concert.
En histoire de l’art, cette expression, aussi connue sous le terme « Ecce homo », est bien différente de ce que nous pouvons nous imaginer.
Cet Ecce Homo, est en réalité le Christ, flagellé, couronné d’épines et présenté à la foule par Ponce Pilate avant sa crucifixion. Très loin de l’assurance dont je parlais au début de cet écrit, le Christ de Heemskerck est représenté comme abattu, soumis, découragé et acceptant sa sentence.
Heemskerck s’inscrit dans la tendance de l’époque innovant toutefois par son style bien personnel, s’inspirant de l’art italien et de Michel-Ange par l’utilisation d’une couleur brillante et de l’art flamand par l’expressivité des personnages. Une autre particularité des œuvres de Heemskerck résulte dans l’importance des détails, notamment au niveau des drapés des personnages, ainsi que la musculature du Christ qui, accentuée par les jeux de lumière m’a interpellée dès le premier coup d’œil. Se pourrait-il donc au final que je retrouve une esquisse de la personne que je m’étais imaginée ? Peut-être.
Comme l’écrit, Ernest Renan dans Le Christ dans l’art: « les représentations nombreuses du Christ illustrent la fascination que ce dernier exerce sur les artistes ». Bien qu’il soit représenté parfois sous des aspects différents, il est vrai que nous retrouvons généralement toujours les mêmes scènes de la vie du Christ ; la crucifixion, la flagellation, la résurrection. Quelques questions me viennent alors en tête : ces trois épisodes résument-ils toute sa vie ? Au final, que connaît-on du Christ ? Pourquoi suscite-t-il tant de débats et pourquoi se pose-t-on autant de questions sur sa vie et sur une éventuelle relation avec Marie-Madeleine ?
Probablement, comme le dit Ernest Renan, parce que le Christ fascine.

Maerten van Heemskerck, Ecce Homo, 1544, Huile sur toile, 74 1/4 x 102 3/8 x 5 3/16 cm. Muzeum Narodowe w Warszawie
Ce retable de Heemskerck est exposé pour la première fois en dehors de l’Europe au Getty Museum de Los Angeles du 5 juin 2012 au 13 janvier 2013 grâce au prêt du Musée National de Varsovie et s’inscrit dans le cadre des recherches sur les techniques de peinture de la Renaissance.
http://www.amazon.fr/Le-Christ-dans-lart-ebook/dp/B0084FADJ6
J’ai une tendresse particulière pour les femmes de Rubens. Elles sont confortables à l’œil, leur chair sans apprêt. Avec leurs seins lourds et leurs cuisses larges, elles nous donnent le sentiment de pouvoir accueillir l’humanité.
Pour une génération d’hommes confrontés aux formes d’une Twiggy (top modèle anglais des années 60), ou des tops modèles de la haute-couture, quelle divine surprise que les femmes puissent être autre que filiformes, grandes et sèches ! Voici quelques années, le magazine Elle faisait sa une avec Emmanuelle Béart. Même les féministes saluèrent cette nouvelle Vénus.
Ce fut pour beaucoup un choc ; le corps féminin pouvait aussi être fait de courbes douces, de sensualité délicate. Je ne dirais pas que les femmes de Rubens me conduisent au même sentiment, mais enfin après make-up, régime, anorexie, vive les joies de la chair.
Rubens nous offre des yeux et des lèvres qui vous disent : « j’ai aimé ». L’amour n’est pas seulement jouissance, il peut aussi être douleur. Les seins lourds et les cuisses larges des femmes de Rubens nous refont découvrir le mystère de la femme, leur peau lisse, leurs exhalaisons. L’amour a aussi une odeur, celle des essences intimes. Dans nos têtes viennent s’entrechoquer les mots perdus d’usage : téton, butiner, culbuter. « Auprès de sa blonde qu’il fait bon danser ». Et après la chanson, lutiner et aussi ravir nos sens. Ah quelle époque !
Le Von der Heydt-Museum à Wuppertal en Allemagne organise justement une grande exposition sur ce maître de la peinture flamande. Pour en savoir davantage sur Rubens et découvrir ses plus belles toiles, vous pouvez consulter ce livre Rubens.
A l’époque, Gustave Caillebotte est considéré comme un grand mécène du mouvement impressionniste qui, grâce l’héritage reçu de son père, eut la possibilité de se procurer les oeuvres de ses amis impressionnistes et de payer le loyer de l’atelier de Monet. Ce n’est qu’après sa mort que Caillebotte est reconnu comme l’un des grands maîtres de l’Impressionisme en plus de son statut de grand maître financier ( il venait régulièrement en aide à ses amis en les soutenant financièrement).
Bien que Caillebotte fasse partie du mouvement impressionniste, son style diffère de ses contemporains : Degas, Monet, Renoir, et Pissarro, parmi lesquels il a exposé lors de la seconde exposition impressionniste de 1876. Son intérêt pour la photographie se ressent à travers sa peinture grâce à sa capacité à saisir un instant précis de façon réaliste.
Caillebotte, comme ses contemporains, représente un Paris nouveau, modernisé par Napoléon III et Georges Eugène Haussmann. Le Paris que tout le monde connaît aujourd’hui, avec ses grandes avenues bordées d’arbres et ses espaces verts.
Cependant, contrairement à ses amis impressionnistes, Caillebotte souhaite peindre ce nouveau Paris de manière encore plus réaliste. Le ciel gris, la pluie, les rues pavées de son tableau Rue de Paris, Temps de Pluie, accentuent la sensation de monotonie du quotidien et de tristesse que l’on ressent au premier regard. Pour le peintre, cette nouvelle ville métropolitaine, au plan méticuleux et si esthétique, est comme le quartier des Sims : parfait de l’extérieur, mais seul de l’intérieur.
Caillebotte est également reconnu pour avoir introduit un nouveau sujet à ses peintures : la classe ouvrière. Thème pour lequel il porte un grand intérêt. Il faut savoir qu’à l’époque, grâce au nouveau chemin de fer et à la Révolution industrielle en France (1815-1860), il y a eu une grande migration des ouvriers de la campagne vers Paris.
Jusque-là, seuls les fermiers et les paysans sont représentés, c’est pourquoi, en 1875, le Salon refuse son œuvre intitulée Les Raboteurs de parquet, prétextant que le sujet est vulgaire. La réalité décrite par Caillebotte, les conditions ouvrières, la tristesse ainsi que la pauvreté de ce nouveau Paris ne veulent pas être reconnues.
Si vous souhaitez voir les oeuvres de Caillebotte et sa représentation de la fin du 19ième siècle et du début du 20ième siècle, rendez-vous au Schirn Kunsthalle Frankfurt du18 octobre 2012 au 20 janvier 2013 pour l’exposition de Gustave Caillebotte. Vous pourrez également en apprendre plus sur les impressionnistes en feuilletant ce livre.

Les Bateliers de la Volga, 1870-1873. Huile sur toile, 131,5 × 281 cm. Musée d’État Russe, Saint-Pétersbourg.
Les Bateliers de la Volga. Des hommes en plein labeur, des cordes nouées autour de leur poitrine, tirent, traînent de lourds bateaux plein de marchandise. Hommes ou bêtes de somme ? Ils avancent imperturbables, les yeux perdus dans le vide, tout à cette tâche qui leur permet de survivre.
Ilya Répine, peintre de la Russie du tsar. C’est ce que l’on pourrait penser d’un peintre connu pour ses toiles historiques ou ses portraits de personnages officiels. Et pourtant bien au contraire, je dirais que Répine a été le peintre du peuple russe, celui montrant la réalité de la vie difficile en Russie au début du xxe siècle. Les Bateliers de la Volga en est l’exemple parfait.
Il campe ses personnages en pleine souffrance ou dans des scènes anecdotiques du quotidien. Dans ses portraits, le modèle n’est jamais mis en valeur, mais bien représenté tel qu’il est, jeune, vieux, beau ou laid.
Imaginez l’écrivain Léon Tolstoï labourant un champ dans sa maison de campagne. Il a certainement dû le faire car, proche de la terre, il possédait un vaste domaine agricole, mais c’est une scène mettant à mal son image d’intellectuel auprès du grand public : Répine l’a osée.
Mais comme pour échapper à ce dur monde populaire, il peint aussi des portraits de personnages officiels, des scènes politiques, la vie des proches du tsar. Il assiste par exemple à des séances de l’Assemblée russe et n’oublie aucun des hommes qui faisaient la vie politique d’alors. Quel écart entre ces notables en habits officiels, pleins de vie et bien nourris, et les malheureux travaillant le long de la Volga, chaque jour courbés sur la misère de leur vie.
Ses toiles sincères et détaillées seront considérées comme des témoignages précis de l’oppression tsariste pour le régime communiste, qui va les utiliser pour sa propagande. Répine est le peintre de la vie politique, rurale, intime du peuple russe au début du xxe siècle. De la Volga à la Douma, que d’imagination !
Le musée Bunkamura présente en ce moment une sélection des œuvres de ce grand peintre russe. Si vous ne pouvez faire le déplacement jusqu’au Japon, vous pouvez consulter le livre Ilya Répine de Grigori Sternin et Jelena Kirillina.
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